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Je nourris un rêve depuis des semaines. Je ne peux pas dire vraiment de quoi il est né. C’est le rêve d’un autre endroit pour vivre, d’ un endroit en plus je veux dire ; sans doute assez loin de notre maison d’ici que j’aime infiniment (beaucoup trop loin d’ailleurs affirme mon principal opposant), encore plus loin de Paros où je visualise très bien et depuis très longtemps un cube blanc très sobre qui regarde la mer. Je n’ai renoncé à rien. Pourtant, nuit d’insomnie après nuit d’insomnie, je nourris un nouveau rêve.

Ce n’est pas exactement un rêve de maison, c’est plutôt un rêve de paysage, d’environnement, de décor, d’écrin pour poser un nouveau trésor. Du vert à perte de vue, peu d’arbres, pas de montagne, pas d’autre maison ou alors vraiment loin.... rien que le ciel très grand et la lumière qui dit le jour qui passe. A nous de faire le reste.

De part et d’autre de la porte d’entrée il y aura des buissons d’hortensias d’un rose très délicat et au dessus de la treille rouillée une glycine incroyable.... c’est à peu près tout, et ça devrait suffire pour que cette maison quand même un peu délabrée reste jolie à regarder. J’adore les hortensias et il est si rare de les voir magnifiques par ici. J’adore la glycine aussi, c’est une plante qui m’accompagne depuis longtemps. Je ne me lasse pas de cette ombre tachée de lumière qu’elle propose au printemps quand on a justement envie, et d’ombre et de lumière. J’aime son parfum sucré qui devient celui de ma chambre aussitôt que la fenêtre est ouverte. Je balaye plusieurs fois par jour la terrasse sans m’offusquer quand les fleurs tombent des jours durant sans s’arrêter, et ce chaque printemps depuis ma toute première maison.

Au point où nous en sommes, puisque la porte de mon rêve de maison est restée entr’ouverte, je m’autorise un coup d’oeil à l’intérieur. Ca sent bon le savon noir dont j’ai lavé les terres cuites en arrivant. Il n’y a pas grand chose en fait : une longue table en bois (c’est Vincent qui l’a faite). Sur cette table on fait tout : manger, cuisiner, dessiner, bricoler, coudre, écrire...., des chaises dépareillées, des étagères pour entasser de la vaisselle fleurie, une toute petite bibliothèque (j’ai depuis si longtemps l’envie de faire quelquepart la bibliothèque des livres qui ont marqué ma vie et seulement ceux là), un tapis un peu usé, un canapé recouvert d’un plaid tzigane, et bien sûr une cheminée.

Rien de très spectaculaire parce que dans cette maison là, l’essentiel du décor, est derrière la fenêtre : Du vert à perte de vue, peu d’arbres, pas de montagne, pas d’autre maison ou alors vraiment loin.... rien que le ciel très grand et la lumière qui dit le jour qui passe. A nous de faire le reste....